Extrait d'un carnet d'un capitaine poilu du 1er régiment de Grenade sur Garonne, lors de l'assaut de la vallée de la Lèze du 04 Février 2007
Nos forces en présence : Max (30/1); Guillaume (30/1); Benoît.C (30/3); Olivier (NC)
Forces ennemies : LAGARDELLE SUR LEZE : 15/3 ; 15/4 ; 30 ; 30/2
Salut les poilus,
Notre combat a commencé au point du jour, tout près d'une ferme de Lagardelle sur lèze.
Dès les premiers coups de canon, Olivier (matricule n°4) a été projeté en l’air, des masses de terre se sont soulevées sous lui et à ce moment-là il a perdu connaissance. Il retrouvait rapidement ses esprits. Enseveli, enterré vivant sous cette masse de brouillard, dans quelques instants il pouvait recevoir une rafle de balles, et ce serai la mort ! Il s'est mit à réfléchir. Il pensait à sa femme mais surtout à comment pouvoir sortir de ce pétrin […] Lentement sa bouche et son nez se remplissaient d'humidité, au fur et à mesure que sa respiration se faisait de plus en plus violente et que l’air devenait de plus en plus rare. Il sentait que sa fin était proche (même très proche).
Pendant ce temps, son coéquipier Benoît Combes (matricule n°3) "extrêmement courageux" avait commencé un travail de sauvetage de score au plus fort de la pluie d’obus, sur le terrain d'à côté. Mais pour se libérer, il a fallu un peu plus de temps. Comme tout lui était merveilleux autour de lui une fois qu'il gagnait un jeu et où il pouvait respirer à nouveau librement. Au beau milieu du combat accroché de notre petit bidasse, les obus ennemis venaient de faire une victime dans nos rangs : Olivier venait de nous quitter sur un air de bicyclette […] Je l’ai pris sous les bras, et c’est ainsi que je lui ai dis : " c'est ça la magie du Laffont !!! ". […]
C'est ainsi que Guillaume (matricule n°2) sort des tranchées du club house, et rentre en plein coeur du combat. Toute la matinée il se bat, il est blessé très légèrement une première fois, une balle traverse sa raquette placée devant lui, lui blesse la main, perce ses yeux et l’érafle la poitrine. Il prend cette balle qu'il montre à ses camarades, toujours avec son air joviale et il la met dans sa poche (même pas mal !). Il continue l'assaut. C'est alors qu'il aperçoit à travers un épais brouillard son coéquipier du court d'à côté tomber, traversé par une balle en plein coeur. C'était Benoît, tombé au combat malgré un courage exemplaire. La bataille continue quand même pour notre bûcheron national, malgré une grande quantité de ses camarades couchés ou blessés autour de lui. A coup de bazooka il arrive quand même à déblayer le terrain ennemi. Mais tout ceci en vain. Il s'en va lui aussi rejoindre le banc des bras cassés, avec honneur.
Après ces épisodes, en tant que capitaine, je (matricule n°1) m'élance à mon tour dans la bataille. Mais pour une fois, je n'y vais pas complètement saoul. C'est alors que je me retrouve nez à nez avec mon adversaire du jour. Dès les premiers échanges de balles, j'ai eu le pressentiment que, là encore, j'allai être gâté. Malgré mes patins à glace et mon tutu rose " façon Brian Joubert ", je n'ai pas réussi à m'extraire de cette boucherie matinale.
Vers midi, tout est fini. Le combat est terminé, tous ces braves tennismen sont battus.
Verdict sur le chemin du QG, à bord de l'ambulance " Renault Scénic " : " Oué les gars, on sera nikel à l'heure pour le JT de 13h00 !! "
Notes:
(matricule n°4) : Défaite 6/0 6/0
(matricule n°3) : Défaite 6/3 6/2
(matricule n°2) : Défaite 6/2 6/3
(matricule n°1) : Défaite 6/0 6/1
Défaite donc de l'équipe de Grenade sur le score de 5/0.
A +
Max